LYON


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Lugdunum est fondée en \LYON 43 par le proconsul Munatius Plancus, «à l’endroit où la Saône et le Rhône mêlent leurs eaux», pour établir les familles romaines chassées de Vienne par le soulèvement des Allobroges à la mort de César. Située au confluent de la Saône et du Rhône, à proximité de la vallée de la Loire par le passage de Tarare, et au débouché des routes des Alpes, Lugdunum devient rapidement une ville importante. On peut distinguer, à l’époque romaine, la ville romaine située sur la rive droite de la Saône, avec le forum, un théâtre, un amphithéâtre, etc., la ville gauloise du confluent, Condate, sur les pentes de la colline de la Croix-Rousse et sur la bande de terre séparant les deux fleuves, et la ville basse, centre du commerce fluvial. Condate est le centre religieux de tous les peuples de la Gaule: en l’an \LYON 12, un autel en l’honneur de César-Auguste y est érigé; chaque année, les députés des soixante cités des Gaules s’y réunissent. Sous Néron, en 65, un incendie détruit une grande partie de la ville. Celle-ci est évangélisée dès 170, vraisemblablement par des Levantins. On connaît l’épisode du martyre de Pothin et de Blandine en 177. Au IVe siècle, elle est la métropole de la province de Lyonnaise Ire. Occupée par les Burgondes au milieu du Ve siècle, elle est bientôt la capitale du royaume burgonde. Elle passe, au début du VIe siècle, sous la domination des Francs. Sous les Carolingiens, elle est le centre d’un pagus (pagus lugdunensis ) qui va des monts du Forez au Jura. Les partages carolingiens l’attribuent à l’Empire. La ville doit faire face, au Xe siècle, aux invasions hongroises. Le XIIe siècle est marqué par la lutte pour l’autorité, entre le comte de Forez qui, possessionné dans la banlieue de Lyon, s’intitule comte de Lyon et l’archevêque à qui Frédéric Barberousse a cédé, par la Bulle d’or en 1157, tous ses droits régaliens. Cette lutte se termine en 1173: le comte de Forez abandonne tous ses droits sur la ville.

L’archevêque, primat des Gaules, réside au château de Pierre-Scize, sur un rocher qui domine la Saône et commande la ville; il a dans le Lyonnais droit de justice, de battre monnaie et de lever des impôts. Mais il partage ce pouvoir temporel avec le chapitre de Saint-Jean, composé de trente-deux chanoines qui portent le titre de comte. Les habitants conquièrent leurs premières libertés au XIIe siècle. Au XIIIe siècle, à la suite d’un conflit avec l’archevêque pour la garde des clés de la ville, les bourgeois obtiennent de les conserver. À la suite d’ingérences du roi de France dans la ville, l’archevêque prête hommage à celui-ci en 1299. Par les Philippines, en 1307, le roi est reconnu comme «gardiateur de la ville». L’archevêque Pierre de Savoie refuse de prêter serment de fidélité; la ville est occupée par l’armée française et, le 12 avril 1312, Pierre de Savoie signe l’acte de réunion du Lyonnais à la France. Les bourgeois obtiennent en 1320 la création de la commune: ils ont le droit de s’assembler, d’élire des magistrats, de faire la guerre, de lever des taxes. La ville est très prospère au XIVe siècle. Pendant la guerre de Cent Ans, elle est attaquée par les compagnies de routiers. Elle s’entoure d’un système de fortifications englobant les quartiers de la rive droite de la Saône. Au XVe et surtout au XVIe siècle, Lyon prend une grande importance économique avec les foires. C’est la deuxième ville du royaume. Le premier livre est imprimé à Lyon en 1473: en 1548, on compte 413 imprimeurs. C’est un des foyers de la Renaissance: Rabelais, Étienne Dolet, Antoine du Baïf y séjournent, ainsi que Louise Labbé, Maurice Scève, Philibert Delorme. L’industrie textile de la soierie commence à se développer. Mais le peuple est misérable: il se révolte en 1529 (Grande Rébeyne). Les débuts du protestantisme sont favorisés par la présence des imprimeurs et des humanistes. La Saint-Barthélemy provoque une réaction catholique; pendant la Ligue, un véritable gouvernement local se constitue, qui confisque les biens des protestants. Henri IV entre dans la ville en 1595. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, la vie économique est intense: la «fabrique» est réglementée par Colbert en 1667. La ville s’étend: les faubourgs de la Guillotière, de la Croix-Rousse se développent, Perrache constitue une société pour reculer le confluent, on aménage la place Bellecour. Napoléon fait de Lyon un grand centre industriel: en 1810, 13 295 métiers occupent 22 538 personnes. Entre 1815 et 1825, le nombre des métiers passe de 20 000 à 27 000. Les canuts se révoltent en 1834. Lyon a presque toujours tenu un rôle économique régional de premier plan.

Lyon
v. de France, ch.-l. du dép. du Rhône et de la Région Rhône-Alpes; 422 444 hab. (env. 1 262 200 hab. dans l'aggl.). Une excellente desserte routière, ferroviaire, fluviale (au confluent de la Saône et du Rhône) et aérienne, l'apport d'une énergie abondante (gazoduc, oléoducs, hydroélectr. alpine) expliquent son essor. L'industr. traditionnelle de la soie et du textile cède la place aux industries chim., pétrochim. et métall. On y a créé un métro (1978).
Archevêché. Université. Musées. La vieille ville occupe, au pied de la colline de Fourvière (basilique Notre-Dame, XIXe s.), les quartiers de St-Paul et de St-Jean (cath. St-Jean, XIIe-XVe s.). Le centre est riche de monuments (du XIIe au XIXe s.). Hist. - Anc. Lugdunum, Lyon devient la cap. des Gaules puis celle du prem. roy. de Bourgogne. Au XIIIe s., deux conciles s'y tiennent: en 1245, le pape Innocent IV dépose l'empereur Frédéric II; en 1274, le mode d'élection des papes y est fixé. En 1312, la ville est rattachée à la France. Au XVIe s., les poètes M. Scève et L. Labé y rayonnent. Sous la Révolution, la Convention assiège la ville (1793) et organise des exécutions massives. En 1831 et 1834, les canuts se soulèvent.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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